GCO, c’est une mine, un bassin artificiel, des ressources en eau limitées… et à préserver pour les besoins des populations voisines. Comment ? Grâce à l’hydrogéologie, une expertise pointue.

Côte atlantique du Sénégal, nord-est de Dakar, dans les Niayes : du sable à perte de vue, des  cultures maraîchères, et de la savane… voici le paysage dans lequel évolue la plus grande drague minière du monde, à la recherche des sables minéralisés.

Yeene[1] – de son nom Wolof – la drague de Grande Côte Opérations (GCO), se déplace d’environ six kilomètres par an sur un bassin artificiel de 600 mètres de long, 300 mètres de large et d’une profondeur d’à peu près six mètres. Cette mine « mobile » avale beaucoup d’eau et beaucoup de sable. Or, cette eau est des plus précieuses : elle provient de deux nappes souterraines, véritables réservoirs pour son activité minière mais aussi pour les populations avoisinantes qui les utilisent pour l’alimentation en eau potable, l’agriculture et les besoins domestiques.

C’est pourquoi GCO veille à ne prélever que la quantité d’eau strictement nécessaire à son activité, dans le respect des permis de pompage attribués par l’Etat, le propriétaire du sous-sol et de ses ressources. L’objectif : minimiser et maîtriser son impact sur l’environnement et ses communautés hôtes.

 

Un système de gestion des eaux vertueux, comment ça marche ?

Pour comprendre la gestion des eaux chez GCO, il faut aussi comprendre le fonctionnement de l’activité minière : la drague aspire sable brut et eau qu’elle renvoie vers l’usine flottante où les minéraux lourds et les rejets de sable sont ensuite séparés. Le sable non minéralisé est replacé à l’arrière du bassin et partiellement dans la nappe superficielle – parfois jusqu’à 1 kilomètre en aval.

C’est un moment critique : si aucune procédure particulière n’est appliquée, le niveau d’eau du bassin baisse automatiquement quand le sable mélangé avec l’eau, est renvoyé dans les dunes. Or, la constance de ce niveau est cruciale pour stabiliser la drague et assurer son bon fonctionnement. Saturé en eau, le sable rejeté pourrait par ailleurs inonder et détruire les cultures agricoles limitrophes de la mine.

Pour ne pas gêner son activité et ne pas impacter les riverains, GCO s’appuie ainsi sur l’expertise d’une équipe du Département des Services Techniques Miniers, dédiée à l’hydrogéologie. « La mine est entièrement tributaire du bon niveau d’eau du bassin. Notre objectif est donc d’assurer les besoins de l’exploitation minière, tout en respectant les intérêts de nos voisins. Nous devons donc pratiquer la gestion de l’eau à l’aide de différents procédés », dit le Dr. Mouhamat Seck, Chef du Département des Services Techniques Miniers.

C’est un peu un principe de vases communiquants : la filiale sénégalaise d’Eramet « recycle » l’eau contenue dans les sables non minéralisés via des pompages superficiels le long de la mine, à l’aide de petits forages de recyclage. L’eau ainsi récupérée est ensuite renvoyée vers la mine pour alimenter son bassin. Ainsi, en 2019, sur 17 millions de mètres cubes d’eau versés dans le bassin, 45% sont issus du recyclage. Grâce à ce dispositif, la quantité d’eau à prélever est diminuée de presque moitié, et les quantités maximales autorisées par les autorités sont largement respectées.

Le reste du besoin en eau est approvisionné par des pompages dans la seconde nappe souterraine qui est, elle, profonde.

Le tout fait l’objet d’un dispositif de surveillance très complet. Les niveaux de la nappe profonde sont surveillés en continu à l’aide de 3 piézomètres profonds (des tubes permettant d’accéder aux nappes phréatiques pour surveiller leur niveau). Le niveau de la nappe superficielle est contrôlé tous les jours par GCO, et l’information est analysée et transmise aux autorités locales, qui se rendent sur le site chaque mois.

Et demain ? « Dans les cinq prochaines années, nous allons nous éloigner de la zone où nous opérons actuellement. Nous allons donc réaliser de nouveaux forages dans de nouvelles zones. L’enjeu est désormais d’informer et de rassurer les populations locales pour pouvoir continuer à avoir le droit d’opérer. Il s’agit également de continuer à gérer les ressources en eau de façon efficiente pour que chacun y trouve son compte », explique le Dr. Mouhamat Seck.

GCO compte bien capitaliser sur son expérience et sa maîtrise pointue et éprouvée de la gestion de l’eau. D’autant plus que sa démarche s’inscrit dans feuille de route RSE d’Eramet, qui cherche à valoriser les ressources de la manière la plus responsable possible.

[1] « Yeene » est un mot wolof qui signifie « souhait »